the magic strings of frankie presto (la guitare magique de frankie presto)

Mary Had A Little Lamb, Stevie Ray Vaughan # Books Love & Music

All this time, by the way, he was carrying his guitar case. He wouldn't let it go. He hadn't played it at the Hollywood Bowl, he'd just sung with a band, so I teased him and said, "Do you only carry a guitar to impress girls?" And he smiled (Lord, those teeth!) and said, "No."

And that's how I got my own private Frankie Presto concert, in the sand by the Santa Monica Pier.


To this day, I will never forget it. He put the guitar over his knee, and he turned his ear to the ocean. "Listen," he said. I could see lights from a faraway ship, way out there, but 
Frankie had his eyes closed. And he began to tap, real softly, once, then twice, and I realized he was finding the beat of the waves.




The Magic Strings of Frankie Presto, Mitch Albom (La guitare magique de Frankie Presto, trad. Michelle Cremnitz pour les Éditions Kero.) - Whoever is musical should read this  novel, a moving page-turner, magically stitched, leaves you humming and happy, and makes you want to grab your favorite guitar and practise your scales over and over again.




Et pendant tout ce temps-là il avait porté sa guitare. Il n'avait pas voulu la lâcher. Il n'en avait pas joué au Hollywood Bowl, il avait juste chanté, accompagné par un groupe alors pour le charrier je lui ai dit : "Tu te trimballes avec une guitare juste pour impressionner les filles ?" Il a souri (mon Dieu quelles dents il avait !) et a dit "non".

Et c'est comme ça que j'ai eu droit à mon concert privé de Frankie Presto, les pieds dans le sable, sur la plage de Santa Monica.


Jamais je n'oublierai ce moment. Il a posé la guitare en équilibre sur son genou et il a tendu l'oreille en direction de l'océan. "Écoute." Je voyais au loin les lumières d'un paquebot mais Frankie, lui avait fermé les yeux. Il a commencé à taper, très doucement, une fois, deux fois, j'ai compris qu'il cherchait le rythme des vagues.

celine







But what made Hank happier when she called him was to hear the new tone in her voice. There was vigor there, a contained excitement he hadn't heard in a while. And he knew that it was because she had committed again to do the work she was born for. He told her she could borrow both the truck and the gun.



reading  Celine by Peter Heller

continuer



Heroes, Bowie # Books Love & Music
Samuel regardait sa mère avec étonnement, en silence, parce qu'il pensait qu'aujourd'hui ou demain, se répétait-il, en rentrant de l'école ou d'ailleurs, il la trouverait effondrée devant la télé, la télécommande à la main, ou sur son lit allongée avec un livre ou un magazine, ou affalée, le dos à moitié cassé sur une chaise de la cuisine, en train de boire une bière devant un cendrier plein, en robe de chambre, pâle, défaite, qui finirait par lui dire d'une voix lasse que bon, finalement, elle n'en avait rien à foutre et qu'il pouvait aller se faire pendre.

Mais non. Ce n'était pas arrivé. Chaque jour, au contraire, il l'avait trouvée plus forte, plus déterminée. Et même s'il ne faisait rien pour l'empêcher d'avancer, il s'étonnait chaque jour davantage - le jour où elle s'était fait couper les cheveux très court ; le jour où il pensait qu'elle reviendrait bouleversée et désespérée parce qu'elle allait en Bourgogne signer la promesse de vente de cette maison familiale à laquelle elle tenait tant et d'où elle était revenue grave, mais heureuse et presque rayonnante ; le jour encore où, les billets d'avion en main, elle avait déballé dans le salon tout le matériel, les sacs qu'on aurait, les fringues, tout. C'est comme si quelque part il n'y avait pas cru, comme si tout ça lui paraissait impossible. Et alors il remettait chaque jour le projet de sa fugue, comme s'il était hypnotisé par l'énergie de sa mère, hypnotisé ou tellement incrédule qu'il voulait voir le moment où elle finirait par s'effondrer, par abandonner, par céder. Sauf qu'un matin, Sibylle était venue le chercher dans sa chambre. Elle avait ouvert le volet de la fenêtre en grand. Une bourrasque d'un air presque froid avait balayé la chambre. Il s'était réveillé, avait regardé sa mère, souriante, presque belle, déjà prête. Elle avait dit d'un ton étonnamment joyeux : 

Samuel, tu n'as pas oublié, non ? Alors prépare tes affaires, cette fois ça y est, on part dans deux heures.



Continuer, Laurent Mauvignier aux Éditions de Minuit, 2016 - Une mère divorcée et femme déprimée va chercher son ado mal dans sa peau au commissariat, lui et ses copains ont déconné la nuit d'avant. C'est le déclic. Elle vend la maison héritée de ses parents, pose un congé sans soldes, convainc tous les concernés de l'intérêt du projet pédagogique, trois mois à sillonner le Kirghizistan à cheval, fils et mère. Et l'ex- le père, tout à sa nouvelle maîtresse, laisse filer.

Huis clos dans un décor (comme au théâtre - l'impression que l'auteur n'a pas beaucoup quitté son salon pour écrire) de grands espaces. Une phrase qui avance qui avance qui avance. Et construction qui invite le lecteur à, tour à tour, se glisser dans la tête de la mère, du fils, de l'ex- et père, et comprendre qui et pourquoi et comment, la complexité de chacun et des relations.