j'ouvre le fichier



(You're So Square) Baby I Don't Care, Elvis Presley
À nous entendre, nous nous serions crus dans un bureau de trois cent mètres carrés, le nôtre en fait à peine soixante. En tout, nous sommes quatre : le responsable du design, une nouvelle recrue, moi - le patron, et un autre employé. Notre équipe n'est pas du tout équilibrée ! Et le fait de n'être qu'entre hommes accentue ce déséquilibre. J'ouvre le fichier que Park m'a envoyé.

Park s'approche de mon bureau. En voyant l'image sur l'écran, il éclate de rire.

- Je me suis trompé de fichier. C'est la première esquisse !


- Tu vois ? C'est parce que tu travailles de la sorte que nous payons toujours le loyer en retard. Le temps d'envoyer le mauvais fichier,

 de venir jusqu'ici, de retourner à ton bureau et de m'envoyer le bon fichier, si j'ajoute le temps qu'il me faut pour l'ouvrir...


VENT D'EST / Ivan Sombre 
chronique ICI
- Mais comme tu es nul en maths, il te faudra plus de temps pour faire le calcul que je n'en ai gaspillé, me rétorque Park.

- Un employé qui crie sur le patron, c'est quoi cette entreprise !


- Une bonne entreprise !




KIM JUNG-HYUKBus errant. Je n'ai toujours pas écrit les premiers mots. - Quatre micro-fictions, une critique distrayante et osée de la société coréenne.


Titre original : Akkideuleui doseogwan. Trad. : Lee Seung-shin, Hwang Ji-young, Lee Tae-yeon, Jeong Hyun-joon, Aurélie Gaudillat. (Comment traduit-on à cinq quatre micro-fictions ?)


nullipare



Né quelque part, Maxime Le Forestier # tu es fou!...
Il y a deux ans de cela, un marchand chinois de poulets rôtis me donne une sucette. C'est le jour de la fête des mères. "Bour les mamangs", me dit-il, avec son accent. Il ne peut pas supposer, à l'âge que j'ai que je n'aie pas d'enfant. C'est une chose inconcevable dans sa culture, un tel malheur qu'on ne peut pas se le figurer. Je n'ai même pas osé déballer la sucette, encore moins la manger, ni même l'offrir. J'aurais usurpé une condition, un statut. 

J'ai toujours le sucre rose, emballé dans son papier cristal, chez moi, qui vient me rappeler l'incongruité de ma situation. 

Lorsque j'étais écolière, pour la fête des mères, je composais un poème. Je me souviens d'un vers : "tes mains usées aux carreaux blancs et noirs". J'avais dû la piquer dans le Lagarde et Michard, car nous n'avions pas de carreaux blancs et noirs. Les mains de ma mère étaient quand même usées.



nullipare, Jane Sautière (éditions Verticales) - Définition du Robert, Nullipare : Qui n'a jamais porté d'enfant et accouché - nom féminin. Une nullipare. Jane Sautière interroge "l'ahurissant mystère de ne pas avoir d'enfant comme on interroge l'ahurissant mystère d'en avoir". Éléments de sa vie mêlés à témoignages recueillis, observations, réflexions, rêverie, invitent à un va-et-vient entre le texte et soi... Et l'écriture est simple, et

Nulle part, ce n'est pas ailleurs, c'est sa perte, c'est ici sans ailleurs. 

Je serai plutôt, moi, l'ailleurs sans ici, une sorte de péniche, toute portée par les fleuves si lents, si beaux.

les évaporés


Beirut, Ibrahim Maalouf # tu es fou!...

et c'est mon écriture - shi ge, 10 chansons.
sticky note : 10 songs, shi ge in chinese


En fait, cela semblait bien plus facile d'apprendre le violon.

Par exemple, il était impossible de savoir rapidement compter jusqu'à dix. Les chiffres - ou plutôt les mots - changeaient selon qu'on voulait compter des objets ronds, des objets plats, des gens, des enfants, des petits animaux qui volent ou qui rampent ou qui nagent, des machines, des tubes, des carrés. Cela faisait une bonne douzaine de façons de compter jusqu'à dix.


Les évaporés,Thomas B. Reverdy (éd. Flammarion, rééd. J'ai Lu) - Roman peut-être un brin scolaire, mais résolument poétique, me laisse rêveuse... et décidée.





In nowadays Japan, ie. after Fukushima. A book about "johatsu", people who disappear with or without notice - A love story, a detective story, and a coming of age novel. All nicely entwined, enhanced by a touch of poetry. 

(as cool as i am) lucy in the sky

Grizzly Bear, Jula & Angus Stonetu es fou!...

L'Amérique à Oron, le programme ICI

Je ne fermai pas les yeux, ça aurait eu l'air trop bête. Mais je regardai mes pieds, pour lui donner une chance. Il m'étonna en allant très vite, comme si c'était un gage dont il voulait se débarrasser. Un petit bisou sur la joue.

Je battis des paupières.


- J'ai pas été claire quand je t'ai expliqué que j'étais pas ta mère ?
- Quoi ?
- C'est comme ça que tu embrasses ta mère. Ou ta soeur.
- J'ai pas de soeur.
- Kenny, embrasse-moi comme une femme.
- Comment je suis censé savoir comment une femme embrasse ?
- Kenny !
- Tu prétends être une femme maintenant ?
- Je fis les gros yeux.
- Sur la bouche, Grand Chef. Maintenant ou jamais.



I enjoyed every bite of As Cool As I Am, Pete Fromm (Lucy in the sky, trad. Laurent Bury pour les éditions Gallmeister, collection NATURE WRITING) - Dans une petite ville paumée du Montana, une gamine de quatorze ans est livrée à elle-même. Un bien joli roman triste, ensoleillé par la personnalité vive et attachante de Lucy.

I didn't close my eyes. That seemed too corny. But I looked down, giving him a chance. He surprised me, moving fast, like it was a dare he had to get over with. A peck on the cheek.

I blinked. 


"Did I fail to make it clear that I am not your mother?"
"What?"

"That's how you kiss your mom. Or your sister."
"I don't have a sister."
"Kenny, kiss me like a woman."
"How'm I supposed to know how a woman kisses?"
"Kenny!"
"Are you pretending to be a woman now?"
I glared at him. "On the lips Colonel. Now or never."

'ENNEMI PERDU'

# tu es fou!...
Books Love & Music
Bella Ciao, Giovanna Marini
"C'est ça, fiston, c'est comme ça qu'on avance! 

En silence, comme les chats, comme les partisans! La surprise, toujours la surprise!


'Ennemi surpris, ennemi baisé !' répétait le professeur...

  
Bella Ciao, Giovanna Marini
Enfin, il disait 'ennemi perdu', 
parce qu'il avait de l'instruction; mais ça sonnait plus juste à notre façon... 



Oui, maintenant, attaque! 
# tu es fou!...