"propos et confidences"


S'asseoir par terre by Alain Souchon on Grooveshark
Je vous ai dit au début de cet entretien que l'on vit moins une vie que l'on est vécu par elle. J'ai l'impression d'avoir été vécu par ma vie, d'avoir été objet d'une vie plutôt que de l'avoir choisie et en plus de cela, avec la notoriété, on est donc manipulé par la vie elle-même. Avec la notoriété vient un phénomène curieux qui est celui d'une image qui grâce aux médias et par l'intermédiaire de vos caméras, comme je suis en train de faire ici, s'établit dans le public et a fort peu de rapport avec la réalité de l'homme. Je m'aperçois tous les jours, dans tout ce que l'on écrit sur moi, que je ne me reconnais absolument pas dans cette image de marque que je traîne. Il y a une profonde différence de toute façon entre ce qu'écrit un auteur et lui-même. Un auteur met le meilleur de lui-même, de son imagination, dans le livre et garde le reste, "le misérable petit tas de secrets" comme disait Malraux, pour lui-même. (...)


Transcription d'entretien filmé pour Radio-Canada, peu de mois avant son suicide, à l'âge de 66 ans. 

(il délire ton zèbre)


mécanisme de survie

Les suicidés sont des terroristes.
Ils nous prennent en otage, ils menacent sous nos yeux impuissants de se faire exploser la cervelle ou d'avaler un tube de somnifères. Nous leur pardonnons parce qu'ils ont mal, mais si nous nous mettions en colère nous pourrions peut-être nous libérer de leur emprise, de la terrible pression qu'ils exercent sur nous. Leur jouissance ultime consiste à mettre en scène leur fin, se pendre à une poutre de leur maison, flotter dans la piscine d'amis proches, s'ouvrir les veines dans la baignoire de leurs parents, se jeter sous une rame afin d'immobiliser le trafic des voyageurs pendant plusieurs heures. Obnubilés par leur souffrance ils ne pensent sans doute pas à ce qu'ils laissent. Peut-être essayent-ils seulement de revoir, par flashes, quelques épisodes heureux  de leur vie passée, s'octroyant ainsi un ultime instant de bien-être avant le plongeon final. Ou peut-être préfèrent-ils que ces réminiscences de dernière minute ne soient toutes désespérées afin de ne pas regretter in extremis leur choix irréversible.

twenty-four hours

Edward Hopper





They sat quietly for a minute. Martin Beck was hungry.


 He thought about his wife and her chatter about regular meals. He hadn't eaten for twenty-four hours.


Maj Sjöwall & Per Wahlöö, Roseanna

le plus grand des mystères

Je dois cesser de me représenter des scènes
que je ne puis évoquer sans me sentir blessée. Je devrais être reconnaissante à Pieter de sa rude franchise, derrière laquelle il dissimule peut-être plus de sentiments qu'il ne veut, ou ne sait exprimer. Je sais qu'il pourrait se conduire tout pareillement sans rien m'en dire. Mais que sait-on vraiment de ceux qui partagent nos jours ? Le coeur d'autrui demeure le plus grand des mystères.



Les heures silencieuses, Gaëlle Josse se glisse dans la peau de la femme jouant du virginalpeinture du hollandais Emmanuel de Witte. Un premier roman joliment réussi

Books Love & Music


annavalenn mOOd est une application du principe de Shéhérazade, codé naturellement, en langue des serpents.



merci à T.S. Eliot Prufrock, et photo de moi pieds nus, ne sais plus qui, F. ? et calligraphie Do, et Guillaume Dubois jingle Tu es fou!... et jingle RIEN Xavier Rubin - et Wong Kar-Wai In the Mood for Love.