lucy in the sky (as cool as i am)

Grizzly Bear, Julia & Angus Stone


# tu es fou!...
Je ne fermai pas les yeux, ça aurait eu l'air trop bête. Mais je regardai mes pieds, pour lui donner une chance. Il m'étonna en allant très vite, comme si c'était un gage dont il voulait se débarrasser. Un petit bisou sur la joue.

Je battis des paupières.


- J'ai pas été claire quand je t'ai expliqué que j'étais pas ta mère ?
- Quoi ?
- C'est comme ça que tu embrasses ta mère. Ou ta soeur.
- J'ai pas de soeur.
- Kenny, embrasse-moi comme une femme.
- Comment je suis censé savoir comment une femme embrasse ?
- Kenny !
- Tu prétends être une femme maintenant ?
- Je fis les gros yeux.
- Sur la bouche, Grand Chef. Maintenant ou jamais.



I enjoyed every bite of As Cool As I Am, Pete Fromm (Lucy in the sky, trad. Laurent Bury pour les éditions Gallmeister, collection NATURE WRITING) - dans une petite ville paumée du Montana, une gamine de quatorze ans est livrée à elle-même. un bien joli roman triste, ensoleillé par la personnalité vive et attachante de Lucy.

I didn't close my eyes. That seemed too corny. But I looked down, giving him a chance. He surprised me, moving fast, like it was a dare he had to get over with. A peck on the cheek.

I blinked. 


"Did I fail to make it clear that I am not your mother?"
"What?"
"That's how you kiss your mom. Or your sister."
"I don't have a sister."
# tu es fou!...

"Kenny, kiss me like a woman."

"How'm I supposed to know how a woman kisses?"
"Kenny!"
"Are you pretending to be a woman now?"
I glared at him. "On the lips Colonel. Now or never."

LES GENS HEUREUX N'ONT PAS D'HISTOIRE

Les gens heureux n'ont pas d'histoire, Éloïse Lièvre

Books Love & Music

Girls Got Rhythm, AC/DC

# tu es fou!..

Dans le magazine LIRE
mai 2016

et bam ! bang! (peindre, pêcher & laisser mourir)

I Hope That I Don't Fall In Love With You, Tom Waits

# tu es fou!...
Her hand stirred, woke up. Crept stealthily up under the loose leg of the shorts, worked inward, found me. I don't wear underwear unless it's like some formal event.


My dick was as surprised as I was. Kind of embarrassed. She brushed it with the curled backs of her fingers then pounced. Squeezed and tapped. Amazing how fast an embarrassed cock, one with ethics, social sensibilities and all sorts of reasons to just stay home, amazing how fast it can forget everything and plunge for the prize at a hundred miles an hour. Must be how a venerable, canny trout feels when it triggers on an elk hair caddis - somewhere in its pea brain it knows, knows, this is probably not a good idea, but Fuck it. Also, she was- what? Ten years older than Alce would be, but still, she was young. I shuddered. She- It wasn't right. Any of it.

"Uhh," I said.


"I want you to see me naked. No painting. A person seeing another person."


"Uhh," I said. "I haven't had much luck lately."

"You don't need luck, dummy. I just want you to look at me. C'mere."


She gave the head one more friendly squeeze and took my hand and led me through the screen door into the bedroom.





revue de presse
 The Painter, Peter Heller - PEINDRE, PÊCHER & LAISSER MOURIR, trad. de l'américain par Céline Leroy, pour les éditions Actes Sud. - Roman d'évasion. Issu d'une famille de bûcherons, Jim Stegner est un peintre coté, pêcheur de poissons, et justicier ardent. Vue d'ici, histoire assez improbable, servie par une écriture magnétique, très joliment traduite. 


plus d'infos ICI more info HERE
Sa main a remué, s'est réveillée. S'est faufilée furtivement sous la jambe ample du short, s'est frayé un chemin, m'a trouvé moi. Je ne porte pas de sous-vêtements à moins d'une occasion formelle.

Ma queue était aussi surprise que moi. Un peu  gênée.  Sofia l'a effleurée du revers de la main avant de s'engager. Elle a serré, donné de petites tapes. C'est fascinant, vraiment 
fascinant de voir combien une queue gênée, avec une éthique, des sensibilités sociales et toutes sortes de raisons de rester chez elle, peut tout oublier d'un coup et se précipiter vers le gros lot à cent mille à l'heure. C'est ce que doit ressentir une  truite noble et futée quand elle gobe une mouche en  poils d'élan - quelque part dans son cerveau gros comme un petit pois, elle sait, elle sait, que ce n'est sans doute pas une bonne idée, mais tant pis. Et bam ! Sans parler que Sofia avait... quoi ? Dix ans de plus que l'âge d'Alce si elle avait été vivante, mais quand même, ça faisait jeune. J'ai frissonné. Elle... ce n'était pas bien. Rien de tout ça ne l'était.

"Hum," ai-je dit.

"Je veux que tu me voies nue. Sans tableau. Un être humain qui regarde un autre être  humain."

"Hum. Je n'ai pas eu beaucoup de chance ces derniers temps." 

"Tu n'as pas besoin de chance, idiot. Je veux juste que tu me regardes. Viens là."

Elle a donné une pression supplémentaire au gland, puis m'a pris par la main et m'a conduit dans la chambre.

pike (these memories contain their own engines)

A Goodhearted Woman, Waylon Jennings # tu es fou!...
Benjamin Whitmer, L'Humeur vagabonde, France Inter ICI

Le PICK-UP Ford 1964 crache de la fumée en cahotant sur la piste forestière, la cabane de Rory dans le rétroviseur. Le capot en fibre de verre tressaute et claque sur le plateau. Il passe la troisième en prenant la Highway 29 en direction de Cincinnati, puis se traîne dans la bouillasse de neige et de sel gris sur tout le trajet. Il a donné de l'argent à Rory, lui a dit d'emmener Wendy voir un film dans le petit cinéma de Main Street. Il ne veut pas la laisser seule. Il sait qu'elle pleure la nuit quand elle croit qu'il dort, et il sait qu'elle pleure parfois tellement qu'elle se dit qu'elle va le réveiller. Alors elle sort à pas de loup de l'unique pièce de l'appartement qu'ils partagent et se terre dans la salle de bains, où elle sanglote en frissonnant et en fumant les cigarettes de Pike. Le jour, elle est solide, mais la nuit sa mère lui manque tant que Pike voudrait se broyer les os à coups de marteau.

Pike n'a aucune idée de ce qu'il pourrait lui dire. Tout comme à la mère de Wendy. Et à la mère de sa mère. C'était une bourgeoise du charbon, sa vie entière tournait autour de son éducation. Pike n'était qu'un divertissement d'étudiante en licence, un type avec qui baiser sur le chemin de Nanticote à la fac. Puis elle était tombée enceinte, et vu que sa mère était une des coincées du cru, elle avait dû venir lui mendier un coin où dormir.

Pike a beau chercher, il n'arrive toujours pas à trouver une bonne raison pour avoir dit oui. Il savait que c'était une connerie. Elle aurait foutûment dû le savoir aussi. Il n'avait pas fallu attendre six mois après la naissance de Sarah pour qu'il se mette à la cogner. A lui fermer les yeux, à les lui faire rentrer dans la tête, noirs de sang, à les frapper jusqu'à ce qu'ils enflent à n'en pouvoir s'ouvrir, qu'ils ne soient plus que des coagulats de sang pourpre. Sarah qui hurlait à chaque fois. Sa bouche ouverte à l'extrême, comme si sa mâchoire eût ballé sur des gonds cassés, son regard qui saute vers tous les coins de la pièce comme un cheval bondissant, cherchant la sortie d'une grange en flammes. Alice, elle ne faisait jamais de bruit, elle se recroquevillait dans un coin et laissait Sarah se taper tout le boulot de témoin qu'il fallait bien que quelqu'un se coltine.


Il y a certaines choses avec lesquelles on peut apprendre à vivre. Pour la plupart des autres, c'est impossible. Pike allume la radio et Waylon Jennings est là, sa voix ronronne dans la cabine comme un second moteur. Il allume une cigarette, se dit que ça suffit sans doute. Qu'il ne devrait pas poursuivre ce fil de pensée, pas là, pas maintenant. Ce serait une connerie. Ces souvenirs possèdent leur propre moteur. On ne les arrête pas tant qu'ils ne sont pas prêts.



La mère de Sarah avait mis fin aux bagarres en convainquant Pike qu'il était temps de partir avec le côté tire-clous d'un marteau. Le tenant à deux mains, elle lui avait envoyé un swing armé haut, derrière son épaule, comme un joueur de base-ball à la batte. Pike caresse sa cicatrice, sous sa barbe, en fumant sa cigarette. Il regrette soudain puissamment la mort d'Alice. Il aurait voulu lui parler une dernière fois. 




PIKE  Benjamin Whitmer  (traduction élégante de Jacques Mailhos, éditions Gallmeister, collection NEONOIR.) - Pike recueille sa petite-fille Wendy, après le décès de Sarah, la maman, pute et junkie. Derrick, flic pourri, rode autour de Wendy. Et Pike, ancien truand, et Rory, jeune boxeur, cherchent à tirer au clair les circonstances du décès de Sarah. Un premier roman bien violent, dans un univers bien glauque, et Benjamin Whitmer réussit le tour de force d'y laisser filtrer une lumière chaleureuse.



Pike's '64 Ford pickup chugs smoke, rumbling over the rutted logging road away from Rory's shack, the fiberglass cap rocking and pinging on the bed. He gears up onto Highway 29, slugging out through the slush and gray salt toward Cincinnati. He gave Rory money, told him to take Wendy out to a movie at the little theater on Main Street. He doesn't want the girl left alone. He knows how much she cries at night when she thinks he's asleep, and he knows sometimes the crying gets enough that she thinks she's gonna wake him. So she sneaks out of the one-room apartment they share and holes up in the bathroom, sobbing and smoking Pike's cigarettes in shuddering puffs. She's tough in the day, but misses her mother so much at night it makes Pike want to take a maul to his own bones.



slow reading
Pike has no idea what to say to her. Just like her mother. And her mother's mother. She'd come from coal money, her whole life angling toward her education. Pike was just a senior year diversion, somebody to fuck around with on her way out of Nanticote. Then she got pregnant, and what with her mother being one of the pinch-mouthed local women, had to beg him for a place to stay.

Pike still can't think of a single good reason he had for agreeing. He knew better. And she sure as shit should have. Wasn't six months after Sarah was born before he started in on her. Shutting her eyes, blacking them into blood puddles in her head, beating on them until they were swollen closed, nothing but lumps of purple blood. Sarah screaming through every fight. Her mouth gaping like her jaw was swinging on a broken hinge, her eyes jumping around the room like horses leaping for the exit of a burning barn. But Alice never made a noise, just drug herself into the corner, letting Sarah do all the witnessing that needed done.


There are some things you can learn to live with. Most things you can't. Pike turns on the radio and Waylon Jennings is there, his voice rumbling through the cab like a surrogate engine. He lights a cigarette, thinking this is probably enough. That he shouldn't run this train of thought down, not right now. He knows better. These memories contain their own engines. You don't stop them until they're ready to be stopped.


Sarah's mother ended the fights, convincing Pike it was time to leave with the claw end of a hammer. She swung with both hands, all the way back from the shoulders like a baseball batter. Pike fingers the scars through his beard, smoking his cigarette, suddenly wishing very much that Alice were still alive. That he could have one last word with her.

'ENNEMI PERDU'

# tu es fou!...Books Love & Music

Bella Ciao, Giovanna Marini
"C'est ça, fiston, c'est comme ça qu'on avance! 

En silence, comme les chats, comme les partisans! La surprise, toujours la surprise!


'Ennemi surpris, ennemi baisé !' répétait le professeur...

  
Bella Ciao, Giovanna Marini
Enfin, il disait 'ennemi perdu', 
parce qu'il avait de l'instruction; mais ça sonnait plus juste à notre façon... 



Oui, maintenant, attaque! 

# tu es fou!...