j'ouvre le fichier



(You're So Square) Baby I Don't Care, Elvis Presley
À nous entendre, nous nous serions crus dans un bureau de trois cent mètres carrés, le nôtre en fait à peine soixante. En tout, nous sommes quatre : le responsable du design, une nouvelle recrue, moi - le patron, et un autre employé. Notre équipe n'est pas du tout équilibrée ! Et le fait de n'être qu'entre hommes accentue ce déséquilibre. J'ouvre le fichier que Park m'a envoyé.

Park s'approche de mon bureau. En voyant l'image sur l'écran, il éclate de rire.

- Je me suis trompé de fichier. C'est la première esquisse !


- Tu vois ? C'est parce que tu travailles de la sorte que nous payons toujours le loyer en retard. Le temps d'envoyer le mauvais fichier,

 de venir jusqu'ici, de retourner à ton bureau et de m'envoyer le bon fichier, si j'ajoute le temps qu'il me faut pour l'ouvrir...


VENT D'EST / Ivan Sombre 
chronique ICI
- Mais comme tu es nul en maths, il te faudra plus de temps pour faire le calcul que je n'en ai gaspillé, me rétorque Park.

- Un employé qui crie sur le patron, c'est quoi cette entreprise !


- Une bonne entreprise !




KIM JUNG-HYUKBus errant. Je n'ai toujours pas écrit les premiers mots. - quatre micro-fictions, une critique distrayante et osée de la société coréenne.


Titre original : Akkideuleui doseogwan. Trad. : Lee Seung-shin, Hwang Ji-young, Lee Tae-yeon, Jeong Hyun-joon, Aurélie Gaudillat. (comment traduit-on à cinq quatre micro-fictions ?)


gravesend (the wrong number)


Hold On, Tom Waits # tu es fou!...
" You get here okay?" Alessandra said.

"Mostly." Pause. "So, who's your friend?"

"Just someone I met last night."

"A girl?"

"Yeah." Alessandra laughed. "A girl."

"You're a", Stephanie's mouth having trouble making the word, "lesbian"?

Alessandra, deciding to have some fun with her, thinking - seriously - that this might save her from having to live with Stephanie, said, "Oh yeah. Big time. You didn't know?"

"You don't look like one?"

"Don't look like a lesbian? What do lesbians look like, sweetie?"

Stephanie's eyes were off the road for a good ten seconds as she gave Alessandra a once-over. "You know, butch, tough, manly.



Gravesend, William Boyle (trad. Simon Baril pour les éditions Rivages/Noir #1000) - relecture en français. more later.


- Pas eu trop de mal à trouver ? demanda Alessandra.

- Pas trop, non. (Elle hésita, puis:) Alors c'est qui ton amie ?

- Juste une fille que j'ai rencontrée hier soir.

- C'est une amie... genre petite amie ?

Alessandra décida de s'amuser un peu avec elle, pensant - sincèrement - que c'était peut-être le meilleur moyen d'éviter une colocation avec Stephanie :

- Et comment ! A fond. Tu ne savais pas ?

- Mais tu n'en as pas l'air...

- Quoi, j'ai pas l'air lesbienne ? Elles ont l'air de quoi, les lesbiennes, ma chérie ?

Sans se soucier de la circulation, Stephanie dévisagea Alessandra une bonne dizaine de secondes.

- Ben, tu sais, elles sont un peu masculines, hommasses, quoi.

lucy in the sky (as cool as i am)

Grizzly Bear, Julia & Angus Stone


# tu es fou!...
Je ne fermai pas les yeux, ça aurait eu l'air trop bête. Mais je regardai mes pieds, pour lui donner une chance. Il m'étonna en allant très vite, comme si c'était un gage dont il voulait se débarrasser. Un petit bisou sur la joue.

Je battis des paupières.


- J'ai pas été claire quand je t'ai expliqué que j'étais pas ta mère ?
- Quoi ?
- C'est comme ça que tu embrasses ta mère. Ou ta soeur.
- J'ai pas de soeur.
- Kenny, embrasse-moi comme une femme.
- Comment je suis censé savoir comment une femme embrasse ?
- Kenny !
- Tu prétends être une femme maintenant ?
- Je fis les gros yeux.
- Sur la bouche, Grand Chef. Maintenant ou jamais.



I enjoyed every bite of As Cool As I Am, Pete Fromm (Lucy in the sky, trad. Laurent Bury pour les éditions Gallmeister, collection NATURE WRITING) - dans une petite ville paumée du Montana, une gamine de quatorze ans est livrée à elle-même. un bien joli roman triste, ensoleillé par la personnalité vive et attachante de Lucy.

I didn't close my eyes. That seemed too corny. But I looked down, giving him a chance. He surprised me, moving fast, like it was a dare he had to get over with. A peck on the cheek.

I blinked. 


"Did I fail to make it clear that I am not your mother?"
"What?"
"That's how you kiss your mom. Or your sister."
"I don't have a sister."
# tu es fou!...

"Kenny, kiss me like a woman."

"How'm I supposed to know how a woman kisses?"
"Kenny!"
"Are you pretending to be a woman now?"
I glared at him. "On the lips Colonel. Now or never."

et bam ! bang! (peindre, pêcher & laisser mourir)

I Hope That I Don't Fall In Love With You, Tom Waits

# tu es fou!...
Her hand stirred, woke up. Crept stealthily up under the loose leg of the shorts, worked inward, found me. I don't wear underwear unless it's like some formal event.


My dick was as surprised as I was. Kind of embarrassed. She brushed it with the curled backs of her fingers then pounced. Squeezed and tapped. Amazing how fast an embarrassed cock, one with ethics, social sensibilities and all sorts of reasons to just stay home, amazing how fast it can forget everything and plunge for the prize at a hundred miles an hour. Must be how a venerable, canny trout feels when it triggers on an elk hair caddis - somewhere in its pea brain it knows, knows, this is probably not a good idea, but Fuck it. Also, she was- what? Ten years older than Alce would be, but still, she was young. I shuddered. She- It wasn't right. Any of it.

"Uhh," I said.


"I want you to see me naked. No painting. A person seeing another person."


"Uhh," I said. "I haven't had much luck lately."

"You don't need luck, dummy. I just want you to look at me. C'mere."


She gave the head one more friendly squeeze and took my hand and led me through the screen door into the bedroom.





revue de presse
 The Painter, Peter Heller - PEINDRE, PÊCHER & LAISSER MOURIR, trad. de l'américain par Céline Leroy, pour les éditions Actes Sud. - Roman d'évasion. Issu d'une famille de bûcherons, Jim Stegner est un peintre coté, pêcheur de poissons, et justicier ardent. Vue d'ici, histoire assez improbable, servie par une écriture magnétique, très joliment traduite. 


plus d'infos ICI more info HERE
Sa main a remué, s'est réveillée. S'est faufilée furtivement sous la jambe ample du short, s'est frayé un chemin, m'a trouvé moi. Je ne porte pas de sous-vêtements à moins d'une occasion formelle.

Ma queue était aussi surprise que moi. Un peu  gênée.  Sofia l'a effleurée du revers de la main avant de s'engager. Elle a serré, donné de petites tapes. C'est fascinant, vraiment 
fascinant de voir combien une queue gênée, avec une éthique, des sensibilités sociales et toutes sortes de raisons de rester chez elle, peut tout oublier d'un coup et se précipiter vers le gros lot à cent mille à l'heure. C'est ce que doit ressentir une  truite noble et futée quand elle gobe une mouche en  poils d'élan - quelque part dans son cerveau gros comme un petit pois, elle sait, elle sait, que ce n'est sans doute pas une bonne idée, mais tant pis. Et bam ! Sans parler que Sofia avait... quoi ? Dix ans de plus que l'âge d'Alce si elle avait été vivante, mais quand même, ça faisait jeune. J'ai frissonné. Elle... ce n'était pas bien. Rien de tout ça ne l'était.

"Hum," ai-je dit.

"Je veux que tu me voies nue. Sans tableau. Un être humain qui regarde un autre être  humain."

"Hum. Je n'ai pas eu beaucoup de chance ces derniers temps." 

"Tu n'as pas besoin de chance, idiot. Je veux juste que tu me regardes. Viens là."

Elle a donné une pression supplémentaire au gland, puis m'a pris par la main et m'a conduit dans la chambre.

'ENNEMI PERDU'

# tu es fou!...
Books Love & Music
Bella Ciao, Giovanna Marini
"C'est ça, fiston, c'est comme ça qu'on avance! 

En silence, comme les chats, comme les partisans! La surprise, toujours la surprise!


'Ennemi surpris, ennemi baisé !' répétait le professeur...

  
Bella Ciao, Giovanna Marini
Enfin, il disait 'ennemi perdu', 
parce qu'il avait de l'instruction; mais ça sonnait plus juste à notre façon... 



Oui, maintenant, attaque! 
# tu es fou!...