j'ouvre le fichier


(You're So Square) Baby I Don't Care, Queen # spéciale dédicace
À nous entendre, nous nous serions crus dans un bureau de trois cent mètres carrés, le nôtre en fait à peine soixante. En tout, nous sommes quatre : le responsable du design, une nouvelle recrue, moi - le patron, et un autre employé. Notre équipe n'est pas du tout équilibrée ! Et le fait de n'être qu'entre hommes accentue ce déséquilibre. J'ouvre le fichier que Park m'a envoyé.

Park s'approche de mon bureau. En voyant l'image sur l'écran, il éclate de rire.

- Je me suis trompé de fichier. C'est la première esquisse !

- Tu vois ? C'est parce que tu travailles de la sorte que nous payons toujours le loyer en retard. Le temps d'envoyer le mauvais fichier, de venir jusqu'ici, de retourner à ton bureau et de m'envoyer le bon fichier, si j'ajoute le temps qu'il me faut pour l'ouvrir...


- Mais comme tu es nul en maths, il te faudra plus de temps pour faire le calcul que je n'en ai gaspillé, me rétorque Park.

- Un employé qui crie sur le patron, c'est quoi cette entreprise !

- Une bonne entreprise !


KIM JUNG-HYUKBus errant. Je n'ai toujours pas écrit les premiers mots.  quatre micro-fictions, une critique distrayante et osée de la société coréenne.


Titre original : Akkideuleui doseogwan. Trad. : Lee Seung-shin, Hwang Ji-young, Lee Tae-yeon, Jeong Hyun-joon, Aurélie Gaudillat. (comment traduit-on à cinq ?)

as cool as i am (when i was a boy)



Grizzly Bear, Angus & Julia Stone

# my annavalenn way
I didn't close my eyes. That seemed too corny. But I looked down, giving him a chance. He surprised me, moving fast, like it was a dare he had to get over with. A peck on the cheek.

I blinked. "Did I fail to make it clear that I am not your mother?"

"What?"

"That's how you kiss your mom. Or your sister."

"I don't have a sister."

"Kenny, kiss me like a woman."

"How'm I supposed to know how a woman kisses?"

"Kenny!"

"Are you pretending to be a woman now?"

I glared at him. "On the lips Colonel. Now or never."



enjoying every bite of As Cool As I Am, Pete Fromm (V.F. Lucy in the sky, trad. Laurent Bury, Éd. Gallmeister, parution mai 2015) 

etc. etc.

Loreleï, Hubert-Félix Thiéfaine 
Tu me comprends, n'est-ce pas ? N'est-ce pas que tu comprends qu'il ne faut pas que tu sortes, que la nuit est tombée, que tu dois te coucher maintenant, qu'il n'est pas possible de rester là, debout, habillé, dans le noir, que tu dois enlever ton manteau, m'écouter et me croire

me faire confiance
me croire quand je te dis que la nuit tombe
ne pas chercher à sortir
ça ne sert à rien de sortir à cette heure-là
il n'y a rien dehors
les rues sont vides
tout le monde dort
nous allons dormir nous aussi
toi et moi
ce sera notre victoire sur la nuit
notre grand lit
et si tu veux sortir
je te le promets
on le fera
demain 
demain 
quand il fera jour
et que les rues désertes
seront animées à nouveau
car c'est le jour qu'on se promène
pas la nuit.


"on n'est pas là pour disparaître"Olivia Rosenthal, publié aux Éditions Verticales, a pour sujet la maladie d'Alzheimer. Olivia Rosenthal, d'une écriture belle et concise, tricote un ensemble de fragments, mêlant bouts de documentaire, bouts de réalité fictionnée, et brins d'histoire personnelle. et le tout donne une oeuvre désespérément optimiste, pour exorciser.

'ennemi perdu'


Bella Ciao, Giovanna Marini # tu es fou!...



"C'est ça, fiston, c'est comme ça qu'on avance! 

En silence, comme les chats, comme les partisans! La surprise, toujours la surprise!



'Ennemi surpris, ennemi baisé !' répétait le professeur... 

Enfin, il disait 'ennemi perdu', parce qu'il avait de l'instruction; mais ça sonnait plus juste à notre façon... 
  


Oui, maintenant, attaque!


Jose Luis Sampedro, Le Sourire étrusque 
(La Sonrisa Etrusca, trad. Francoise Duscha-Calandre)